Note de synthèse

Le Plan Startup Canada

Idées et réflexions découlant de la tournée de Startup Canada – Vers un pays plus entrepreneurial 

Ce rapport est la voix des entrepreneurs canadiens. C’est un résumé des conversations issu de la consultation d’entreprises la plus vaste et la plus exhaustive jamais menée au Canada. C’est un appel à l’action pour ceux et celles qui ont à cœur la création d’un Canada plus fort et plus prospère. Il offre un ensemble de réflexions et d’idées sur les moyens pour aider les entrepreneurs canadiens et qui favoriseront l’essor d’une culture d’entreprise.

Culture et éducation – Tout changement commence au niveau de l’individu

Le Canada se doit de redécouvrir ses racines d’entrepreneuriat et de veiller à ce que l’esprit d’entreprise soit au cœur de sa culture nationale. Nous devons célébrer et encourager nos entrepreneurs et s’assurer que nos collectivités et nos campus soutiennent l’activité entrepreneuriale.

  • Nous avons besoin de développer une image entrepreneuriale canadienne forte, qui favorise l’esprit d’entreprise, qui donne une voix à nos entrepreneurs, et qui crée les conditions nécessaires à la réussite de l’entrepreneuriat au Canada.
  • Nous devons valoriser l’entrepreneuriat et en faire un état d’esprit et un style de vie. L’entrepreneuriat est pour tout le monde.
  • Nous devons valoriser l’apprentissage et favoriser une culture de mentorat.
  • Nous sommes en mesure de souligner la diversité de nos entrepreneurs en reconnaissant publiquement leur apport, y compris les boomers, les autochtones, les Néo-Canadiens, les femmes, les créateurs, les médias nouveaux et les intrapreneurs, et ainsi en faire des modèles d’inspiration.
  • Nous devons intégrer l’esprit d’entreprise à nos espaces publics.  Les endroits tels que les bibliothèques, les écoles, les centres communautaires, les parcs et les espaces à fort achalandage peuvent se transformer en zones d’effervescence d’entrepreneuriat.
  • Nous avons besoin d’une campagne nationale de promotion de l’entrepreneuriat qui s’appuie sur les médias sociaux et traditionnels ainsi que sur nos institutions culturelles. Le but est de faire de l’entrepreneuriat un élément essentiel de la culture canadienne et d’élargir la portée du message entrepreneurial.
  • Nous pouvons améliorer la promotion de l’entrepreneuriat auprès des jeunes en harmonisant les efforts existants. Notamment, nous devons rendre l’entrepreneuriat plus attrayant pour les jeunes et le grand public en augmentant leur compréhension du monde des affaires, en renseignant les parents et les éducateurs, de même qu’en donnant aux jeunes les occasions d’apprentissage du leadership en affaires et des concepts financiers, et en intégrant la fonction entrepreneuriale dans la salle de classe.
  • Le Canada devrait bénéficier de l’entrepreneuriat des nouveaux arrivants et des boomers.  Nous devons tirer profit de la passion, de l’énergie, de l’expérience et des réseaux des nouveaux arrivants et des gens qui se lancent en affaires plus tard dans la vie, leur fournir du soutien et leur exprimer de la reconnaissance en tant que joueurs importants dans nos collectivités d’affaires.
  • Les universités et les collèges sont des incubateurs potentiels de premier ordre pour les collectivités d’affaires. Nous pouvons construire des campus plus axés sur l’entrepreneuriat en veillant à ce que l’esprit d’entreprise soit intégré à la gouvernance, aux activités parascolaires, aux visées institutionnelles, aux programmes d’études et aux relations extérieures. Il est important d’encourager ces efforts en y affectant les ressources nécessaires et en les valorisant.

2. Des entreprises meilleures et plus grandes

Le Canada doit avoir une masse critique de nouvelles entreprises afin de produire de grandes entreprises à forte croissance avec une portée et un rayonnement à l’échelle mondiale – des entreprises qui deviennent aussi des points d’ancrage dans leurs communautés. Il doit aussi créer des entreprises durables qui sont aptes à relever les défis réels de notre monde, y compris sur le plan social et environnemental avec des pratiques exemplaires et des innovations.

  • Nous serons mieux en mesure d’identifier les jeunes entreprises à fort potentiel et de les doter de l’appui dont elles ont besoin pour réussir en reliant les entrepreneurs aux ressources, aux réseaux, aux mentors et aux infrastructures disponibles afin de les aider à s’orienter dans le système. Cela passe par la création d’un guichet unique et le « Continuum canadien de démarrage ».
  • Le mentorat est un élément essentiel de tout système entrepreneurial.  Nous pouvons faire plus pour sensibiliser le public aux programmes de mentorat et aux opportunités. Nous devons aussi relier les programmes de mentorat pour faciliter le partage des meilleures pratiques et mobiliser les ressources permettant d’accélérer le développement de l’entrepreneuriat.
  • Les nouveaux entrepreneurs ont besoin de possibilités d’apprentissage afin de mieux comprendre le financement de démarrage, les principes de gestion, le sens du risque, et l’interaction avec les clients, les utilisateurs et les autres intervenants.
  • Nous devons résoudre le problème du capital-investissement par le biais du secteur privé et du leadership individuel, et examiner des modèles visant à encourager l’investissement privé dans les jeunes entreprises.
  • Le Canada doit explorer de nouveaux modèles de financement, tels que le financement participatif et les incitatifs à l’investissement, puisque les mécanismes de financement traditionnels ne sont plus adaptés à la nature et la culture des jeunes entreprises canadiennes en constante évolution.
  • Nous pouvons tirer parti de la masse critique d’entrepreneurs pour collaborer avec les grands fournisseurs afin d’offrir des prix réduits, des incitatifs et des assurances pour réduire les coûts de démarrage et d’embauche des premiers employés.
  • Il est essentiel de fournir aux entrepreneurs les opportunités de réseautage en ligne permettant de se connecter avec les collègues, les investisseurs, les partenaires potentiels, les clients et les mentors – particulièrement à l’extérieur des grands centres urbains – ce qui crée une dynamique en renforçant la communauté où l’esprit d’entreprise est le dénominateur commun.
  • Le recrutement, le maintien en poste et la relève sont des préoccupations pour beaucoup d’entrepreneurs canadiens. En plus des coopératives étudiantes de démarrage et des stages d’entreprise, nous pourrions examiner la mise en place d’un programme du secteur privé aligné sur Startup Visa dont l’objectif serait de faire du Canada un lieu attrayant pour le talent entrepreneurial mondial.
  • Pour attirer de nouveaux joueurs dans le système entrepreneurial canadien, nous devons leur donner accès à l’éducation et la formation, les accueillir dans des milieux d’affaires locaux et reconnaître leurs titres de compétences.
  • Pour que les entreprises canadiennes suivent leurs trajectoires de croissance, elles doivent être prêtes à faire des affaires dans le monde entier, et pour y arriver, elles doivent bien comprendre leurs marchés cibles étrangers et offrir une valeur ajoutée. Nous devons continuer à soutenir la création de liens sur les marchés étrangers, à favoriser la mobilité mondiale et à préparer les entreprises canadiennes aux marchés mondiaux.
  • Les entrepreneurs appuient les efforts pour réduire les formalités et les charges administratives, et les délais en ce qui a trait aux services gouvernementaux, à la reddition de comptes, à la réglementation, et à la fiscalité.
  • Les entrepreneurs ont besoin d’espaces et de lieux dans leurs communautés pour développer leurs entreprises, pour se connecter et travailler avec l’ensemble de la collectivité des affaires.
  • Comme le secteur de l’innovation et de l’entrepreneuriat social au Canada continue de croître, les politiques en matière d’entrepreneuriat social doivent suivre le rythme. Il faut augmenter les services offerts aux entreprises à vocation sociale et sans but lucratif qui ne bénéficient pas parfaitement de la formation offerte à l’heure actuelle sur le marché.  Il faut soutenir et améliorer la prestation des services de formation à l’entrepreneuriat social, ainsi que les initiatives de sensibilisation, de financement et d’identification d’espaces de travail.

3. Création d’un réseau intégré et collaboratif

Nous avons besoin d’alimenter l’entrepreneuriat canadien à partir de la base en soutenant le développement de collectivités d’entreprises dynamiques, dirigées par des entrepreneurs, comme fondement d’un réseau national d’entrepreneurs.

  • La communauté canadienne des affaires est fragmentée, bien que le degré de fragmentation varie considérablement d’une province à l’autre. Nous avons besoin d’intégrer et de consolider  les outils de soutien, les programmes et les services. Par ailleurs, tous les intervenants dans le système doivent s’engager à se connecter, à communiquer et à collaborer pour mieux servir les entrepreneurs canadiens et alimenter un réseau d’affaires dynamique.
  • L’instauration d’une culture d’entreprise doit partir de la base – c’est-à-dire des entrepreneurs eux-mêmes – pour vraiment prendre son élan.  Nous pourrons accélérer l’entrepreneuriat et l’innovation si nous sommes soutenus par la vision de nos élus, par une coordination efficace et par l’engagement à travailler en partenariat avec ceux qui stimulent le changement au niveau local.
  • Nous devons investir dans le renforcement de nos principaux moteurs de croissance de l’entrepreneuriat canadien et ce faisant, augmenter la collaboration et l’harmonisation entre eux pour créer une communauté plus holistique, harmonisée et interdépendante.
  • Les collectivités d’affaires saines et dynamiques sont l’élément essentiel pour inspirer, soutenir et accélérer la croissance des jeunes entreprises.
  • Au niveau communautaire, il faut connecter les champions communautaires des entreprises, les dirigeants d’entreprises qui sont des catalyseurs des activités et des événements d’entrepreneuriat et qui relient les acteurs entrepreneuriaux, et favoriser leur autonomisation.
  • Nous devons élargir la conception traditionnelle des collectivités de démarrage au-delà du secteur de la technologie afin d’inclure notamment l’entrepreneuriat social, la biotechnologie, les industries créatrices – et faciliter la collaboration et le partage de l’expérience, des réseaux et des connaissances. Ces collectivités de démarrage se côtoient, mais interagissent rarement entre elles. Une collectivité entrepreneuriale dynamique en est une qui est ouverte, inclusive et toujours prête à collaborer.
  • Nous devons mieux comprendre l’état de l’entrepreneuriat au Canada et la mesure des progrès, non seulement en réunissant des données, mais en misant sur les activités de mesure, en créant des centres de connaissances et l’excellence dans tout le pays.
  • Nous pouvons accélérer l’essor de l’entrepreneuriat canadien en partageant les pratiques exemplaires, en tirant parti des ressources existantes et des réseaux et en établissant des partenariats là où c’est pratique, plutôt que de repartir à zéro et de réinventer la roue.
  • Le Canada a besoin de leadership philanthropique qui investirait dans l’infrastructure et dans la base de connaissances des entreprises du Canada.

Mot de la fin

Les entrepreneurs sont d’avis qu’il est nécessaire de s’entendre sur une vision commune et une stratégie, afin que nos réalisations soient plus grandes que la somme de nos efforts individuels et que les entrepreneurs aient le pouvoir d’atteindre le succès pour eux-mêmes et pour l’ensemble du pays.

Nous devons passer à une culture où les réalisations d’affaires sont source d’admiration, où l’esprit d’entreprise est célébré et soutenu, et où l’échec est en fait une leçon apprise. Il faut aussi créer un réseau supranational dont les souches sont dans les groupes de démarrage locaux et dirigés par les entrepreneurs eux-mêmes, pour jeter les bases d’un réseau social intensément connecté et collaboratif. Ce réseau devrait être axé sur des valeurs communes et tirer parti de ce qui existe déjà. Il devrait fonctionner comme connecteur, facilitateur et communicateur, toujours imputable et apte à s’adapter aux besoins et aux priorités des entrepreneurs canadiens.