2 – Culture et éducation

“Le Canada doit développer une culture axée sur les citoyens qui attendent le succès par le travail acharné et par leur propre ingéniosité, et qui croient en leurs moyens de créer des innovations, des entreprises et des organisations qui stimuleront les nouvelles industries et un impact social. Cela doit être une priorité pour tout le monde.” -Tonya Surman, Fondateur du Centre for Social Innovation dans le cadre du remue-méninge sur l’innovation de Startup Canada à Toronto, en Ontario, le 9 mai 2012.

2.1 Image de marque pour l’entrepreneuriat canadien

L’identité et l’unité sont des thèmes qui ont imprégné notre histoire en tant que nation. Le Canada est fier de son internationalisme, de son multiculturalisme, de son solide système d’éducation et de ses ressources naturelles. Ce sont les éléments qui sont le fondement de sa force. Néanmoins, comme la concurrence mondiale devient plus vive et le changement de la dynamique mondiale devient plus rapide, le pays doit se réinventer et se redéfinir en positionnant l’entrepreneuriat et l’innovation comme valeurs fondamentales au Canada Inc. Ce faisant, le Canada redécouvrira ses racines d’entreprise en tant que nation bâtie par des immigrants entrepreneurs de partout au monde.

Nous devons construire une forte image de marque d’entreprise canadienne pour célébrer et inspirer notre esprit d’entreprise – un esprit qui est inclusif, qui est axé sur un sentiment de communauté, qui est animé par l’action, qui est ouvert à tous, qui donne libre cours aux individus visionnaires, qui encourage à penser plus grand, qui modifie les attitudes sur le risque, et qui valorise les entrepreneurs comme des héros responsables des changements et des bâtisseurs de la nation.

Nous pouvons recréer ce qu’a fait la campagne « À nous le podium » pour rallier les Canadiens derrière nos athlètes et appliquer ces mêmes principes au monde des affaires – c’est-à-dire inspirer notre nation à reconnaître et à célébrer les entrepreneurs et innovateurs comme bâtisseurs de la nation, afin que « l’esprit d’entreprise » devienne synonyme de « Canada » et que l’esprit d’entreprise devienne la valeur unificatrice du pays pour le 21e siècle.

Exemple de ce qui fonctionne :

  • À nous le podium – Un organisme à but non lucratif, financé par le gouvernement du Canada, qui établit les priorités et détermine les stratégies d’investissement aux organismes nationaux de sport. L’objectif est de récolter un plus grand nombre de médailles olympiques et paralympiques pour le Canada.

2.2 Esprit d’entreprise pour tous, partout

Au Canada, il y a souvent une stigmatisation liée au mot « entrepreneur ». Nous devons faire davantage pour célébrer l’entrepreneuriat comme un état d’esprit et une philosophie, et lutter contre les idées fausses que l’esprit d’entreprise est seulement pour l’élite. Même si tout le monde ne peut démarrer une entreprise, il est souhaitable que les gens comprennent ce qu’est l’entrepreneuriat.

Les campagnes nationales et communautaires ont le potentiel de sensibiliser les gens au monde des affaires, de faire connaître les entrepreneurs et de positionner le démarrage d’une entreprise comme choix de carrière souhaitable. Nous pouvons célébrer la diversité de nos entrepreneurs en mettant en valeur les réalisations des Canadiens qui démarrent des entreprises plus tard dans la vie, les boomers, les autochtones, les immigrants et les femmes entrepreneures, ainsi que les innovateurs et les créateurs. Ces personnes deviennent alors des modèles pour tous les Canadiens.

La promotion de l’entrepreneuriat et les discussions qui s’y rattachent ne doivent pas se limiter aux incubateurs, aux accélérateurs, aux associations d’affaires, aux écoles de commerce et aux collectivités de démarrage. Les bibliothèques, écoles, centres communautaires, bureaux gouvernementaux, centres de carrières, parcs et lieux publics achalandés peuvent se transformer en points de ralliement pour susciter des idées, soutenir l’innovation et valoriser l’entrepreneuriat et l’apprentissage.

Exemples de ce qui fonctionne :

  • Semaine mondiale de l’entrepreneuriat – Une célébration annuelle célébrant  les innovateurs et les créateurs d’emplois qui démarrent des entreprises, apportent des idées nouvelles et qui stimulent la croissance économique et le bien-être des citoyens.
  • Journée de l’entrepreneuriat de Kingston – Le maire de Kingston a proclamé le 5 septembre 2012 journée de l’entrepreneuriat de sa ville à l’occasion du passage de la tournée canadienne de démarrage.
  • Chasse au Trésor de Windsor-Essex – Une chasse au Trésor dans toute la ville et une campagne de médias sociaux visant à présenter la communauté à cent entreprises locales.
  • YouInnovate – Un tournoi national mettant au défi les Canadiens d’innover en utilisant un objet de tous les jours.
  • Samedi – Jour de la petite entreprise – Un jour où nous célébrons les entrepreneurs canadiens en achetant leurs produits et services et en appuyant nos entrepreneurs locaux.

2.3 Favoriser la culture d’entreprise – modèles, médias et institutions nationales

Qu’on l’aime ou pas, la série télévisée  « Dans l’œil du Dragon » à Radio-Canada a sans doute plus contribué à sensibiliser le public aux entrepreneurs que la plupart des campagnes de publicité financées par l’état. Toutefois, au lieu de positionner des investisseurs capricieux comme visage de l’entrepreneuriat canadien, le Canada a besoin d’une campagne nationale de l’entrepreneuriat qui s’appuie sur les médias traditionnels pour célébrer et mieux faire connaître le rôle essentiel que jouent les entrepreneurs canadiens en tant que modèles nationaux.

Des gens d’affaires exemplaires ont des histoires inspirantes de réussite, d’échec et de croissance personnelle à raconter. Les histoires de ces personnes modèles pourraient faire l’objet de spots de télévision mettant en vedette les entrepreneurs canadiens. Notamment, le format téléréalité peut suivre le chemin de ces personnes en racontant leurs histoires. Il est aussi possible de faire appel au format talk show à la télévision ou à la radio pour faire le profil des entrepreneurs émergents. Aussi, il est possible d’envisager des annonces dans les cinémas ainsi que des vignettes quotidiennes avec les nouvelles à la télévision et dans les journaux. Des prix d’excellence remis dans le cadre d’une cérémonie télévisée et mettant en vedette les meilleurs entrepreneurs du Canada seraient efficaces pour positionner les entrepreneurs du Canada comme chefs de file et modèles.

Lorsque les médias traditionnels couvrent le monde des affaires, ils ont tendance à se concentrer sur les grandes institutions financières et les grandes entreprises plutôt que sur les entrepreneurs et les entreprises en démarrage. Il est rare qu’une histoire d’entrepreneuriat soit en première page. Malgré le fait qu’il existe un certain nombre de médias imprimés et en ligne dont le thème soit l’entrepreneuriat – Techvibes, Sprouter, BetaKit et le Magazine Profit – pour n’en citer que quelques-uns, le milieu de l’entrepreneuriat au Canada a tendance à se parler à lui-même et moins au grand public. Le Canada pourrait tirer profit d’un réseau de nouvelles sur l’entrepreneuriat qui produirait des communiqués de presse et du contenu multimédia pour raconter l’histoire et célébrer les succès des entrepreneurs canadiens. Ce matériel serait mis à la disposition des partenaires des grands médias. Cela rendrait la tâche plus facile pour les médias qui auraient accès aux histoires qui inspirent le public et rehaussent l’image des chefs d’entreprise.

Par ailleurs, les institutions culturelles canadiennes devraient être encouragées à promouvoir davantage l’esprit d’entreprise comme faisant partie intégrante de la culture canadienne. Par exemple, des projets tels qu’une exposition spéciale sur les grands entrepreneurs du Canada au Musée canadien des civilisations, une exposition de l’innovation canadienne au Musée canadien des sciences, une série spéciale de pièces frappées par la monnaie canadienne, et un timbre spécial produit par la Société canadienne des postes sont tous des initiatives qui pourraient souligner les réalisations des grands entrepreneurs canadiens – comme Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil ou Joseph-Armand Bombardier, fondateur de Bombardier Inc. – et mettre en valeur les entrepreneurs comme des modèles pour le pays. Ce sont des activités qui contribueraient à sensibiliser les Canadiens à l’entrepreneuriat.

Exemples de ce qui fonctionne :

  • Moments du patrimoine canadien – Courts-métrages de soixante secondes, illustrant des moments importants de l’histoire du Canada, qui sont eux-mêmes devenus partie intégrante de la culture canadienne.
  • CLT-Alt-Compete – Un documentaire qui jette un regard révélateur sur le démarrage d’entreprise à travers les yeux des cinq fondateurs et leurs équipes.  C’est une histoire de passion, de courage et d’un peu de folie impliquée dans le démarrage d’une entreprise.

2.4 Tirer profit des médias sociaux

Tout comme le système de chemin de fer canadien a relié le pays d’un océan à l’autre, l’accès à internet à large bande et aux médias sociaux a approfondi et accéléré la prolifération de la connaissance et des données, et a transformé la façon dont nous envoyons, recevons et digérons l’information. Internet est le grand égalisateur et connecteur.

En plus de tirer profit des médias traditionnels, la promotion d’une culture entrepreneuriale pourrait bénéficier de l’utilisation et de la création de réseaux par le biais de médias sociaux. Le Canada a besoin d’une robuste campagne de médias sociaux soutenue par les plus grandes marques canadiennes et célébrités. Vidéos, podcasts, aperçus d’entreprise, messages quotidiens, mises à jour sur les dernières nouvelles de l’entrepreneuriat canadien – ainsi que l’usage innovateur, dynamique et approprié des réseaux des médias sociaux, des applications – tous des moyens qui pourront faire en sorte que le mouvement entrepreneurial canadien passe à la vitesse supérieure.

2.5 Soutenir les jeunes entrepreneurs

Avec l’émergence de nouveaux marchés et l’évolution de la nature de l’emploi, beaucoup de jeunes deviendront les entrepreneurs par nécessité. Alors que des organisations comme la Fondation canadienne de jeunes entrepreneurs (FCJE), Shad Valley, Junior Achievement, Next 36, Impact et Enactus œuvrent à développer le leadership chez les jeunes, beaucoup plus pourrait être accompli en arrimant les efforts, notamment en développant une infrastructure de l’entrepreneuriat jeunesse; en augmentant l’usage des médias sociaux, en sensibilisant le public à l’esprit d’entreprise; en éduquant les parents sur la valeur de la culture entrepreneuriale; et en fournissant les moyens pour changer les attitudes et augmenter les compétences entrepreneuriales des jeunes Canadiens.

L’esprit d’entreprise doit être considéré comme cool et accessible si l’on veut mobiliser les jeunes vers l’entrepreneuriat.  Nous avons besoin de développer plus de jeux en ligne et hors-ligne, des outils d’apprentissage, des applications, des livres et des histoires pour initier les parents et les jeunes à l’esprit d’entreprise, et de les équiper des compétences et des réseaux pour démarrer des projets. Le Canada doit concevoir une infrastructure qui soutient le développement des jeunes leaders du monde des affaires.

Afin de sensibiliser les gens à la culture d’entreprise et de rehausser le statut social des entrepreneurs, il serait souhaitable que les grandes chaînes comme TVO et CBC développent et diffusent des émissions pour les jeunes, avec les jeunes entrepreneurs comme personnages principaux, et élaborent des émissions d’entrevues et des programmes pour mettre en valeur et raconter les histoires de jeunes entrepreneurs canadiens qui ont un impact. Démarrage Magazine en ligne pour les enfants et les adolescents pourrait aider à inspirer les jeunes Canadiens et Canadiennes avec des histoires de partout au pays.

Le Canada doit élaborer une Initiative de l’entrepreneuriat jeunesse, similaire au Shell Live-Wire dans d’autres pays, qui offrirait aux jeunes Canadiens entreprenants les programmes et les occasions de lancer une entreprise en fournissant des subventions de départ (500 $- 1 000 $), de la formation, des conférences, des événements sociaux, des ressources en ligne, des programmes de mentorat, des bourses d’études, des bourses de recherche, et des campagnes d’information sur les possibilités offertes et les options pour les jeunes entrepreneurs. L’initiative pourrait être élaborée en partenariat avec les principaux acteurs organisationnels dans la communauté de l’entrepreneuriat jeunesse – Junior Achievement, Enactus, Impact, Shad Valley, la FCJE, Next 36, Rencontres Canada, Club Rotary et les programmes du YMCA. Les jeunes eux-mêmes doivent jouer un rôle de premier plan pour mener à bien l’initiative de créer une communauté de pairs des jeunes entrepreneurs canadiens.

En outre, il est possible de donner aux jeunes Canadiens des occasions de travailler dans les entreprises en croissance rapide, d’augmenter leurs connaissances, de cultiver leur esprit d’entreprise, et de développer leurs compétences et leurs réseaux, en les sensibilisant aux stages d’entreprise en démarrage grâce à l’élaboration de programmes d’expérience de travail similaires à Enternships.com en Europe. Étant donné les synergies entre le bénévolat et l’esprit d’entreprise, une unité spéciale de Startup Canada (modélisé sur Volunteer Corps) pourrait être mise sur pied afin de fournir aux jeunes Canadiens une expérience de travail en entreprise par le biais du bénévolat au sein de projets de microentreprises durables dans les pays en développement – afin de créer un esprit d’entreprise, ouvert sur le monde.

Les programmes de mobilité mondiaux qui offrent aux jeunes Canadiens des opportunités d’entreprise à l’étranger – similaires au programme Erasmus en Europe – sont susceptibles d’aider à établir des liens entre les entrepreneurs en herbe à travers le monde, donnant accès aux mentors, aux événements, à la formation, aux débouchés, aux bourses, aux conférences et aux stages en entreprise.

Ce qui fonctionne

  • GoVenture – Une série de jeux éducatifs et des simulations axées sur l’expérience et les rapports sociaux.
  • FCJE – Un organisme national qui fournit des prêts et du mentorat aux jeunes entrepreneurs de 18 à 39 ans.
  • Programme entreprise d’été de l’Ontario – Offres aux étudiants entre 15-29 ans qui retournent aux études une subvention de 3 000 $, ainsi que le coaching et le mentorat pour les aider à démarrer une entreprise au cours de l’été.
  • NACUE UK – Un organisme dirigé par des jeunes qui soutient la croissance des entreprises et initiatives étudiantes visant à promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes à travers le Royaume-Uni.
  • Enternships.com – Un service des stages d’entreprise qui connectent des étudiants et diplômés aux entreprises en démarrage.

2.6 Construire des campus d’entrepreneuriat

Bien que les universités et collèges du Canada aient des rôles différents à jouer dans la société, ils doivent tous deux continuellement se réinventer comme nourriciers du monde des affaires, pôles d’attraction pour l’entrepreneuriat et fil conducteur de talents dans la communauté. Le défi, toutefois, c’est que l’engagement entrepreneurial n’est pas récompensé. Il existe un manque de ressources pour les programmes d’entreprise et la collaboration inter-campus n’est pas inscrite dans l’ADN de la plupart des institutions.

L’entrepreneuriat doit être vécu dans l’ensemble de l’expérience du campus en comprenant que certaines matières ne peuvent pas être enseignées par les méthodes traditionnelles et doivent être apprises par la pratique. Les institutions pourraient entre autres bien afficher leurs valeurs entrepreneuriales et faire connaître leurs politiques institutionnelles visant à cultiver l’entrepreneuriat chez le personnel, les enseignants et les réseaux d’étudiants. Elles pourraient aussi modifier les méthodes pédagogiques traditionnelles et recourir aux techniques d’apprentissage par l’expérience. Ce changement nécessite une approche globale, et doit être incluse dans la gouvernance, dans les énoncés de responsabilité, dans les programmes d’étude et parascolaires et dans les relations extérieures et la liaison.

La concurrence pourrait être un élément qui aiderait à promouvoir les ambitions entrepreneuriales des campus canadiens. Les points de référence pour le développement d’un campus « d’entreprise » peuvent être modifiés grâce à un modèle de maturité normalisé pour les établissements d’enseignement supérieur, permettant de mesurer et d’évaluer l’état de l’entrepreneuriat au sein de chaque institution, d’élaborer des stratégies de promotion, de mesurer les progrès au moyen de vérifications externes et d’évaluations et ainsi classer la culture entrepreneuriale, les structures, les résultats et les activités. De cette façon, nous pourrions modifier la structure des incitatives à la recherche fondamentale et à l’apprentissage pour qu’elle corresponde aux besoins de l’industrie, à l’innovation et à la commercialisation. Les étudiants seraient alors en mesure de prendre des décisions éclairées sur leurs choix d’université, basées sur des classements entrepreneuriaux nationaux. 

Il faut aussi voir comment les conseils de financement et les exigences des gouvernements incitent les établissements d’enseignement supérieur à investir davantage dans des initiatives axées sur l’économie, comment elles tissent des liens et forment des partenariats communautaires pour arrimer les connaissances et compétences des diplômés au monde des affaires, et comment elles construisent une culture dynamique de l’entrepreneuriat et de l’innovation sur leurs campus grâce au financement à cet effet. Ces conseils peuvent accorder des fonds de recherche pour sonder plus profondément des questions telles que l’entreprise à forte croissance, la construction de systèmes d’entreprise, le capital de risque au 21e siècle et l’instauration d’une culture d’entreprise. Cela positionnerait le Canada comme un chef de file mondial en matière de bourses à l’entrepreneuriat.

Le classement annuel des universités mené par la revue Maclean’s ainsi que les programmes de certification visant à fournir aux dirigeants des collèges et universités les connaissances et les compétences pour construire des institutions entrepreneuriales peuvent aider à réaliser les aspirations des universités et mettre en place des lieux tournés vers l’entrepreneuriat partout au Canada.

Le Canada a plusieurs programmes académiques qui se classent parmi les premiers, ainsi que des initiatives et des résultats novateurs dans les domaines des politiques et de la formation en entrepreneuriat. La collectivité de recherche et d’enseignement de l’entrepreneuriat canadien se rencontre chaque année à la conférence du Conseil canadien pour les petites entreprises et l’entrepreneuriat (CCPME), qui réunit les intervenants pour partager les meilleures pratiques, les nouvelles méthodes et les résultats, et créer des liens partout au Canada.  Cependant, il est possible de faire bien plus pour partager, diffuser et promouvoir le leadership éclairé et les meilleures pratiques dans toute la collectivité des politiques. En outre, les contributions à l’échelle nationale, des institutions, des programmes, des éducateurs, des chercheurs et des champions de l’entrepreneuriat au sein du système d’éducation au Canada devraient être reconnus par le biais de Prix nationaux pour l’éducation en entrepreneuriat.

Ce qui fonctionne

  • Conférence du CCPME – Conférence annuelle au cours de laquelle les éducateurs, les universitaires et les praticiens partagent les résultats de recherches et les meilleures pratiques, et discutent de la petite entreprise et de l’entrepreneuriat.
  • Times Higher Education Awards – Prix qui identifie ceux et celles qui se démarquent en dépassant les normes d’excellence en éducation –, mais en dehors de la recherche, y compris l’attribution du Entrepreneurial University of the Year.
  • Audits d’entrepreneuriat sur les campus – Une évaluation visant à établir la mesure dans laquelle les institutions sont entrepreneuriales.
  • National Centre for Entrepreneurship in Education, (Grande-Bretagne) – un organisme qui travaille pour rehausser l’image de l’entrepreneuriat dans l’enseignement à tous les niveaux, stimuler les changements culturels dans les établissements, rehausser les capacités institutionnelles et fournir de la formation en leadership.
  • Programme des étudiants ambassadeurs – Programme du Pond-Deshpande Centre à l’Université du Nouveau-Brunswick, dans lequel les élèves-ambassadeurs font la promotion des réseaux d’entreprise et des activités visant à instaurer une culture d’entreprise sur les campus à travers la province.

2.7 Remanier le système d’éducation primaire et secondaire

Bien que le système d’éducation du Canada soit l’un des plus efficaces au monde, il y a beaucoup plus à faire pour sensibiliser le public à l’entrepreneuriat comme choix de carrière viable, et pour cultiver l’esprit d’entreprise, le  leadership, la créativité et les compétences en matière financière chez les jeunes Canadiens et Canadiennes par le biais de l’apprentissage expérientiel, amenant ainsi les étudiants vers la collectivité entrepreneuriale, et la collectivité entrepreneuriale vers l’école.

Les entrepreneurs qui connaissent la réussite relatent souvent comment ils ont eu du mal à compléter leurs études, en fait s’ils les avaient effectivement terminés. Le système d’éducation au Canada crée des étudiants prudents, obéissants, qui ont une pensée uniforme et qui ne s’écartent pas du chemin qui leur est tracé. Les entrepreneurs sont des rebelles, des preneurs de risques et des créateurs de valeur qui voient des possibilités partout. Dans le système d’éducation, les enfants qui manifestent ces attributs sont souvent classés comme étudiants « problèmes ». Nous devons identifier ces enfants dès que possible et leur fournir le mentorat, le soutien et les possibilités d’apprentissage par l’expérience pour exploiter leur intérêt, leur perspicacité et leur énergie. Il faut les canaliser vers la création et les doter des connaissances, des compétences et du renforcement positif dont ils ont besoin pour réussir.

Au niveau primaire, l’enseignement de l’entrepreneuriat par le biais de contes et de projets de classe s’est avéré efficace. Les exemples comprennent la gestion du petit magasin de l’école, l’organisation de salons de livres et la conception et vente de marchandises de l’école. Les projets progressivement plus difficiles et l’utilisation des jeux informatiques et de conseils d’entreprise comme GoVenture peuvent enseigner aux élèves que l’erreur est acceptable et que c’est une occasion d’apprentissage. Les visites scolaires d’entreprises locales, d’accélérateurs et d’incubateurs d’entreprises peuvent sensibiliser davantage l’esprit et faire comprendre que ce domaine est accessible et compatible avec les jeunes Canadiens. Les discussions avec des entrepreneurs au sujet de leurs expériences et des obstacles qu’ils ont surmontés peuvent enseigner aux élèves l’importance de la vision, de la détermination, du leadership, et aussi de suivre leurs rêves et comment ils peuvent saisir l’esprit d’entreprise pour avoir un impact positif sur leurs communautés et sur le monde.

En plus de fournir des cours sur les affaires et l’entrepreneuriat au sein du curriculum de base, les éducateurs en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques,en plus des  techniques professionnelles et industrielles, le commerce, les sciences humaines, et les arts peuvent incorporer des éléments d’entrepreneuriat dans leurs cours pour aider les élèves à comprendre les applications commerciales et réelles des sujets d’étude. Par exemple, les expo-sciences peuvent présenter des projets qui ont une application commerciale et les expositions d’art peuvent comprendre la mise en marché des étudiants et vendent leurs propres pièces. Les écoles les plus progressives offrent une formation et un soutien aux enseignants qui désirent faire usage des techniques d’enseignement entrepreneurial adaptées aux divers groupes d’âge.

Les conseillers en orientation dans les écoles ont besoin de soutien et de formation pour familiariser les élèves avec l’entrepreneuriat comme choix de carrière viable et relier les étudiants intéressés aux ressources communautaires disponibles. Les écoles secondaires peuvent offrir des possibilités de stages  pour suivre un entrepreneur, démarrer une entreprise ou s’engager dans des projets d’entreprise à crédit. Les babillards communautaires dans les endroits à grand achalandage dans les écoles peuvent célébrer et promouvoir les étudiants entrepreneurs, les cours et les occasions entrepreneuriales et les anciens qui sont désormais entrepreneurs. Les foires de démarrage peuvent aider les jeunes entrepreneurs à promouvoir leurs projets. Il peut y avoir des compétitions et manifestations d’entrepreneuriat du genre « Défi du trombone » ou « Make Your Mark with a Tenner » (Laissez votre marque avec un billet de dix). Une section de la bibliothèque peut être équipée de livres et d’informations sur l’entrepreneuriat, sur les grands entrepreneurs canadiens et sur le démarrage d’une entreprise. Des initiatives comme celles-ci peuvent contribuer à libérer le potentiel entrepreneurial des étudiants.

La création d’écoles axées sur l’entrepreneuriat doit être une des principales préoccupations des commissions scolaires partout au Canada. Les conseils scolaires peuvent s’associer à des organismes locaux de soutien aux entreprises pour communiquer avec la communauté entrepreneuriale. Chaque école peut nommer un membre du personnel Champion d’entrepreneuriat pour promouvoir et propulser un programme d’entrepreneuriat dans son école. Les champions de chaque école dans une région peuvent se réunirent régulièrement pour partager leurs expériences et apporter de nouvelles idées, telles que des séances d’information pour les parents sur l’esprit d’entreprise et l’entrepreneuriat, et des Jeux olympiques entre écoles. En outre, chaque école peut recruter un entrepreneur en résidence – un entrepreneur qui se porte bénévole à raison de quelques heures par semaine pour parler, encadrer et inspirer les élèves et le personnel.  Les jeunes entrepreneurs participant au programme peuvent aider à créer des modèles qui sont accessibles. En effet, la communauté de soutien d’entreprise locale peut être appelée à soutenir un club des étudiants de l’entrepreneuriat, des activités de jeunes entreprises et des bourses d’études, d’entrepreneuriat et d’innovation. Les conseils scolaires peuvent s’associer à la communauté de soutien aux entreprises pour organiser des conférences et des forums régionaux de l’entrepreneuriat des jeunes afin de familiariser les étudiants à la collectivité des entrepreneurs, d’acquérir des compétences entrepreneuriales grâce à l’expérience vécue, et de se connecter à des mentors.

Au Québec, aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Singapour, les organismes ont commencé à créer des modèles d’entreprise pour les écoles publiques et privées en mettant l’accent  sur l’assurance que les étudiants – et certains étudiants issus de milieux défavorisés – soient équipés des connaissances, des compétences et des réseaux nécessaires pour assurer leur avenir dans le monde de l’entreprise.

Ce qui fonctionne

  • CEFA (Core Education and Fine Arts) Programme de formation préscolaire (Alberta et Colombie-Britannique) – Un programme d’apprentissage pour jeunes enfants avec un curriculum enrichi mettant en vedette un ensemble unique de matières de base pour offrir aux enfants la liberté d’apprendre et de grandir en s’amusant.
  • l’École d’entrepreneurship de Beauce – Une école privée dédiée à la formation de la prochaine génération d’entrepreneurs avec des cours dispensés par des entrepreneurs.
  • Shad Valley- Un programme de perfectionnement universitaire d’un mois intensif pour les élèves du secondaire à fort potentiel qui vise à libérer le potentiel entrepreneurial et innovant de jeunes au potentiel exceptionnel.

2.8 Résumé

Le Canada a besoin de retrouver ses racines entrepreneuriales et de placer l’esprit d’entreprise au cœur de sa culture nationale. En mobilisant les médias, les institutions nationales et les médias sociaux, et en célébrant et présentant un large éventail d’entrepreneurs modèles, nous pouvons aider les entrepreneurs à se retrouver sur le podium et faire la preuve que l’entrepreneuriat est pour tout le monde. La création d’une culture entrepreneuriale passe par la réinvention du rôle des universités et collèges pour devenir un pilier de soutien des communautés entrepreneuriales, par le développement de notre culture entrepreneuriale, par l’acquisition des compétences et le changement des mentalités chez les Canadiens – jeunes et moins jeunes – et par la construction d’une infrastructure d’apprentissage fondée sur des principes sur l’autonomisation et la contribution. En tant que nation, nous devons célébrer et encourager nos entrepreneurs, car leur succès apporte à  tous des avantages appréciables.