3 – Plus grandes et meilleures

“Nous avons besoin de créer des entreprises à plus forte croissance et de les faire croître en grappes économiques. Ces entreprises créent des infrastructures, elles approvisionnent la chaine de valeur, elles forment le talent et elles offrent des services qui aident les entreprises à se développer. Nous devons agir maintenant. Aucune de ces questions n’est nouvelle. Nous discutons des mêmes problèmes et des mêmes solutions depuis des décennies, mais le temps presse. La diminution du nombre de sociétés publiques et de notre incapacité à les remplacer par les nouvelles entreprises devrait être un signal d’alarme.” Adam Chowaniec, président de Startup Canada, rencontre publique, Ottawa, le 5 septembre 2012

3.1 Guichet unique et continuum entrepreneurial

Au fond, les connaissances et les compétences sont les mêmes que ce soit pour le démarrage d’une entreprise individuelle, à but non lucratif ou à vocation sociale. Cependant, les entrepreneurs canadiens continuent de tâtonner pour trouver le soutien dont ils ont besoin. Le Canada a besoin d’un guichet unique qui fournirait aux entreprises, le soutien, l’apprentissage et la connectivité – ce qui serait gratuit, en ligne, dynamique, facile à utiliser, complet, personnalisé et convivial. Ce tableau de bord en ligne doit :

  • fournir un lieu de rencontre et une voix aux entrepreneurs;
  • rassembler les ressources et le soutien offert aux entrepreneurs basés sur leur emplacement, sur leur profil démographique, sur leur stade de développement et sur leur secteur;
  • brancher les entreprises à des réseaux en ligne et en personne, aux collectivités et aux associations qui sont d’intérêt pour eux;
  • informer les entreprises sur les événements et les occasions d’apprendre et de communiquer avec les autres dans la communauté;
  • donner accès à des ressources d’apprentissage existantes (tutoriels, gabarits, études de cas) et le soutien en temps réel;
  • soutenir l’entreprise tout au long du continuum de sa croissance de l’entreprise -du démarrage, au développement, à la montée en puissance;
  • offrir aux entrepreneurs un point pour trouver des cofondateurs, des échanges de services et des babillards d’emplois;
  • offrir des articles pertinents, du multimédias et des études de cas pour encourager les entrepreneurs canadiens à penser plus grand, penser globalement, être durables et tirer parti de l’innovation et de la technologie pour se développer.

Alors que l’entrepreneuriat est un sport de contact pas toujours propre, il faut s’assurer que le guichet unique fournisse des solutions organiques, issues de la base, venant d’entrepreneurs et axées sur l’expérience de l’entrepreneur, tout en maintenant la créativité et la concurrence du système. Ce guichet unique devrait être très convivial, permettre l’accès à l’aide et devenir un outil essentiel pour tous les entrepreneurs.

Avec trois niveaux de formalités administratives des paliers de gouvernements pour l’obtention de permis et d’autorisations, le Canada se doit de développer une solution globale pour les entrepreneurs qui souhaitent démarrer une entreprise.  Ces ressources permettraient d’incorporer et d’obtenir de l’assurance, des licences et des permis, en plus d’accompagner les entrepreneurs à travers le processus. Cette approche globale fournirait aux entrepreneurs des solutions fiables, complètes et rentables pour démarrer, faisant du Canada le meilleur endroit au monde pour lancer une entreprise.

Un programme « Voie rapide » normalisé pourrait fournir un cheminement pratique qui aide les entrepreneurs à perfectionner les compétences nécessaires pour créer, gérer et établir des entreprises prospères, et serait bien utile pour relier les entrepreneurs aux collectivités et aider la collectivité à identifier des projets prometteurs. Ce programme peut être certifié, livré en modules en ligne ou en personne, utiliser des collectivités locales d’entreprise et peut être adapté aux besoins des secteurs particuliers pour offrir une formation en personne aux nouveaux entrepreneurs. Le programme serait uniforme et de grande qualité, en misant sur les communautés locales d’entreprise et les aptitudes à fournir aux entrepreneurs canadiens les connaissances, les compétences et les réseaux pour bâtir leurs entreprises.

Pour accélérer l’essor des entreprises canadiennes à forte croissance, il serait souhaitable de créer un continuum canadien d’accès au démarrage pour les entrepreneurs qui souhaitent évaluer leurs progrès et faire des présentations en vue de financement, ou se joindre à des groupes participants. Puisqu’il faut plusieurs entreprises naissantes pour en produire une à forte croissance, les jeunes entreprises dans chaque communauté devraient avoir accès à l’éducation, aux ateliers, à l’évaluation, à la rétroaction et au soutien au développement des affaires. Certaines jeunes entreprises ayant un potentiel de forte croissance pourraient profiter d’une place dans une « cohorte », comme c’est le cas au sein du réseau d’accélération BCIC, permettant d’accéder à plus d’experts et à un soutien ciblé.

Ce qui fonctionne

  • Kauffman FastTrac Program – Programme d’apprentissage pratique conçu pour aider les entrepreneurs à acquérir les compétences nécessaires pour créer, gérer et développer une entreprise à succès.
  • Startup Wheel – Un outil de prise de décisions pour entreprises en démarrage ou en croissance qui aide les entrepreneurs et les conseillers à se concentrer, à se recentrer et à faire le prochain pas.
  • BCIC Acceleration Network – Un service payant, structuré, axé sur le développement conçu pour guider, coacher et inciter les entrepreneurs ambitieux dans le secteur technologique en C.-B.
  • MaRS Entrepreneurs Toolkit – Un portail central d’information pour les entrepreneurs de l’Ontario avec articles, livres de référence, ateliers et événements sur des sujets d’intérêt.

3.2 Mentorat et champions de l’entrepreneuriat

Les entrepreneurs sont naturellement enclins à aider d’autres entrepreneurs. Le Canada se doit de créer une culture qui encourage le mentorat, et nous devons développer des infrastructures et des réseaux qui favorisent le mentorat dans toutes ses manifestations. Les entrepreneurs ont besoin d’accéder à d’autres entrepreneurs qui ont une expérience dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets et qui peuvent donner de leur temps et leur savoir faire pour accélérer l’apprentissage et la croissance des autres – et ce par tous les moyens de communications, y compris en personne, en groupe et en ligne. L’importance du mentorat est toujours présente. Que ce soit pour tester une idée, explorer un nouveau marché,  résoudre un enjeu relié aux ressources humaines, aux nouvelles émissions de titres en bourse ou aux acquisitions, les entrepreneurs canadiens qui ont réussi doivent être en mesure d’aider les autres.

Les plateformes virtuelles et en ligne telle que sur Sprouter et Clarity.fm facilitent l’accès aux mentors pour les entrepreneurs en technologie. En développant et en tirant parti de ces plateformes, il nous sera possible d’accélérer la croissance des entreprises au-delà du secteur de la technologie. En outre, de nombreux organismes de soutien aux entreprises partout au pays offrent des possibilités de mentorat sous diverses formes. Par exemple, la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs fournit du mentorat dans le cadre de son programme de prêts aux jeunes entrepreneurs de 18 à 39 ans. Néanmoins, les entrepreneurs ignorent la disponibilité de ce soutien.

Nous pouvons faire plus pour promouvoir le mentorat comme un élément essentiel de tout système entrepreneurial, pour accroître la sensibilisation aux programmes de mentorat et aux possibilités qui s’offrent aux entrepreneurs canadiens et pour relier les programmes de mentorat afin de faciliter le partage des pratiques exemplaires et d’exploiter des ressources stratégiques afin d’accélérer le développement de l’entrepreneuriat.

Il serait souhaitable d’instaurer au Canada un réseau de Champions de l’entrepreneuriat composé d’un groupe diversifié d’entrepreneurs à succès provenant de divers horizons, industries et secteurs en vue l’élaborer un programme national visant à donner une tribune à ces « évangélistes entrepreneuriaux » dans les collectivités et les institutions afin d’inspirer les Canadiens, de stimuler l’esprit d’entreprise et de mentorat, et de diffuser leurs conseils et leur expertise aux entrepreneurs en démarrage et en développement.

Ce qui fonctionne

  • Clarity.FM – une plateforme en ligne qui négocie la prestation et la réception de bons conseils pour les entrepreneurs.
  • Forum des entrepreneurs – FE relie les chefs d’entreprise émergents et fournit des conseils stratégiques en personne.
  • Wallace McCain Institute – Aide les entrepreneurs à développer la compréhension, les outils et les relations nécessaires pour faire progresser leurs affaires par la création d’un environnement où les entrepreneurs développent leurs réseaux de personnes qui partagent les mêmes perspectives.
  • CYBF moMENTum – Fournit aux jeunes entrepreneurs de la région du grand Toronto et de Hamilton du mentorat pendant six mois.

3.3 Accès aux capitaux – au-delà des banques

Le capital de risque au Canada est beaucoup moins important qu’aux États-Unis. Par conséquent, nous avons tendance à financer nos entreprises à des niveaux inférieurs. Ainsi, les entreprises canadiennes sont souvent plus faibles que leur concurrence et font souvent l’objet d’acquisition avant de réaliser leur plein potentiel. Nos entreprises publiques atteignent des valeurs qui sont beaucoup plus faibles que leurs homologues au sud de la frontière. Cela s’applique aux sociétés cotées à la bourse de Toronto, et des sociétés canadiennes à double cotation. Une analyse récente de Byron Capital Markets indique que cette sous-évaluation est systémique dans le secteur de la technologie. Par exemple les entreprises en technologie de l’information et des communications sont évaluées à 23 % de moins dans le secteur du logiciel et 34 % de moins dans le secteur du matériel informatique.

Nous devons résoudre le problème du capital-risque, au moins pour les étapes de démarrage et du financement. Cela ne peut se faire par le biais de l’appui des gouvernements, et nous ne pouvons croire naïvement que l’argent nous viendra par la frontière. Le problème est systémique, lié à l’aversion au risque et prendra des années pour se résoudre. Nous avons besoin d’importants capitaux nouveaux sur une base annuelle. Cela doit venir du secteur privé ou des particuliers et non du gouvernement, où les risques de cette ampleur ne sont pas acceptables.

Toutefois, nous pouvons envisager un crédit d’impôt national pour encourager le secteur privé, semblable au BC Investment Program qui fournit des crédits d’impôt remboursables à hauteur de 30 % aux investisseurs. Un système de crédits d’impôt semblable au niveau fédéral, avec la participation égale des provinces, renforcerait la position concurrentielle du Canada comme endroit pour démarrer et investir.

Lorsqu’il s’agit de financement, la disponibilité du capital n’est qu’une partie de l’équation. Les entrepreneurs doivent avoir accès aux possibilités d’apprentissage afin de mieux comprendre le continuum du financement de démarrage, la différence (ainsi que les avantages et les inconvénients) d’un financement par la créance ou les actions, les principes d’efficacité, le capital d’amorçage, le risque personnel, et l’importance des vrais clients et utilisateurs. En outre, compte tenu de l’émergente renaissance des investissements providentiels au Canada, des programmes doivent être élaborés non seulement pour former les investisseurs providentiels, mais aussi pour créer un modèle à l’échelle nationale connecté et évolutif pour les réseaux dans tout le pays. L’argent a besoin de personnes possédant les compétences pour le gérer. Il faudra du temps pour construire ce système. 

En plus d’augmenter la disponibilité du financement de démarrage et du capital de risque réel, le Canada a besoin d’explorer de nouveaux modèles de financement et des incitatifs à l’investissement parce que les mécanismes de financement traditionnels ne sont plus pertinents ou ne sont plus adaptés à la nature et la culture des jeunes entreprises canadiennes émergentes. Notamment, la création d’un Portail canadien de financement communautaire et la révision des règlements boursiers, qui pourraient freiner le financement communautaire, pourraient habiliter les entrepreneurs canadiens à trouver de nouveaux moyens de mobiliser des capitaux de prédémarrage et inciter plus de Canadiens à se lancer dans des projets d’entreprise.

Ce qui fonctionne

  • BC Investment Tax Credit Program – Prévoit un crédit d’impôt remboursable de 30 % pour les investisseurs qui investissent dans des entreprises admissibles avec un crédit d’impôt annuel maximal de 60 000 $ par investisseur.
  • Kickstarter – Une plateforme pour des projets créatifs de financement.
  • Programme de bourses de Kauffman – Un programme de deux ans très en demande, consacré exclusivement au monde de l’investissement de capital-risque dans les nouvelles entreprises de technologie, à forte croissance et percutantes.

3.4 Miser sur une masse critique

Contrairement aux grandes entreprises qui peuvent bénéficier des économies d’échelle pour réduire les coûts, les entrepreneurs et les petites entreprises paient le prix fort pour tous leurs intrants – de l’assurance-santé des employés aux fournitures de bureau. En mettant à profit la masse critique d’entrepreneurs et de petites entreprises au Canada, les organismes nationaux peuvent travailler en partenariat avec les plus grands fournisseurs pour garantir des prix réduits, des incitatifs et des offres d’assurance pour les entrepreneurs et petites entreprises.

3.5 Événements de réseautage et collectivités en ligne

La vie d’un entrepreneur peut être une expérience solitaire. La meilleure chose que nous puissions faire pour aider un entrepreneur est de le mettre en contact avec d’autres entrepreneurs.

Donner la possibilité aux entrepreneurs de se connecter et d’apprendre les uns des autres, des investisseurs, des partenaires, des clients et des mentors potentiels contribue à créer une collectivité forte et dynamique où l’esprit d’entreprise est accepté et anticipé. L’appui aux événements tels que le C100, le Festival International du Startup, la Conférence GROW, les événements de réseautage, les rencontres Startup, les ateliers Lean Startup et les rassembleurs  de toutes sortes aideront à dynamiser les collectivités d’entreprises partout au Canada.

Bien que la majorité de la population canadienne vive dans les grands centres urbains, les régions moins peuplées et rurales du Canada regorgent d’entrepreneurs qui cherchent à se connecter aux autres Canadiens aux perspectives semblables afin de construire leurs réseaux et développer leurs entreprises. Internet est le grand égalisateur. Le guichet unique peut servir à connecter des entrepreneurs de partout au Canada, créant des groupes sociaux en ligne qui sont sûrs, solidaires et liés concrètement à la vie réelle.

Ce qui fonctionne

  • Startup Weekend – Un événement de 54 heures où les développeurs, concepteurs, spécialistes du marketing, chefs de produit et amateurs de démarrage se réunissent pour partager des idées, former des équipes, construire des produits et lancer des entreprises.
  • Festival international du Startup – Un événement qui offre du contenu unique portant sur le phénomène de lancer une entreprise qui inclut des entrepreneurs en démarrage ou bien implantés.
  • Startup Drinks – Événements mensuels de réseautage libre tenus dans les pubs et les bars par les instigateurs de la collectivité de démarrage.

3.6 Accès au capital humain

Le recrutement, le maintien en poste du personnel et la relève sont des préoccupations pour de nombreux entrepreneurs canadiens. Il existe une importante migration de l’Atlantique vers les autres régions, notamment l’Ouest, où l’économie est en plein essor, mais qui, malgré l’influx de travailleurs, ne peut subvenir à ses besoins pour suivre la demande. Diverses régions du Canada sont confrontées à ce genre de dynamique complexe de la main-d’œuvre, ce qui rend le recrutement et le maintien en poste de plus en plus difficiles. À cela s’ajoute l’émigration canadienne dans le monde.  On compte, par exemple, 350 000 Canadiens vivant à Silicon Valley.  Les programmes d’apprentissage nationaux, provinciaux et locaux qui rassemblent des collèges et des universités, les programmes de relève et d’intégration des immigrants sont, ensemble, des initiatives qui peuvent contribuer à favoriser la connectivité communautaire, ainsi que le recrutement et le maintien en poste d’employés qualifiés.

Par le biais de foires de recrutement pour les entreprises en démarrage et une plus grande exposition à l’esprit d’entreprise dans le cadre de leur expérience académique,  les jeunes Canadiens comprendront la valeur de se joindre à une entreprise en démarrage comme cheminement de carrière souhaitable, ce qui permettra d’accélérer leur croissance personnelle et professionnelle. Les plateformes telles que Enternships.com (disponible en Europe), qui relient les personnes à l’expérience de travail en entreprise, rehausseraient l’accès des PMEs aux talents et permettraient à ces talents d’accéder aux opportunités entrepreneuriales.

En outre, l’élaboration d’un programme de type « Visa démarrage » axé sur le secteur privé fera du Canada une destination attrayante pour le talent d’entreprise au niveau mondial. Il serait souhaitable d’explorer la mise en place de programmes d’accélération qui financent et soutiennent des initiatives à forte croissance à l’échelle mondiale comme ils existent avec succès au Royaume-Uni, au Chili, aux États-Unis et dans d’autres pays. Ces programmes pourraient être adaptés à l’échelle du Canada.

Notre avantage inexploité se situe dans nos nouveaux arrivants.  Afin de les encourager à s’intégrer à l’économie canadienne, nous devons leur fournir un accès immédiat à l’éducation par le biais de programmes d’insertion adaptés, de la formation linguistique et d’éducation sur le démarrage d’une entreprise au Canada. Beaucoup de nouveaux arrivants présentent intrinsèquement les caractéristiques entrepreneuriales. Nous devons les aider à s’engager dans des associations culturelles et leur fournir des mentors et des adhésions d’essais gratuites aux chambres de commerce pour se connecter au milieu local des affaires. Nous devons aussi travailler ensemble pour reconnaître les diplômes et certifications des nouveaux arrivants afin qu’ils puissent arriver ici au Canada et immédiatement s’intégrer dans notre économie.

Ce qui fonctionne

  • Startup Chili – Un programme du gouvernement chilien pour attirer les entrepreneurs en démarrage de calibre mondial à démarrer leurs entreprises dans ce pays.
  • Startup Career Milkrounds – Événements réunissant des entreprises locales avec des étudiants pour partager leur passion pour les entreprises en démarrage et les petites entreprises, dans le but d’aider les jeunes entreprises à la recherche de nouveaux talents.
  • S.U.C.C.E.S.S. – Un organisme multiculturel et multiservice qui vient en aide aux personnes à tous les stades de leur expérience canadienne.

3.8 Renforcement des réseaux mondiaux – préparation et voyage

Pour que les entreprises canadiennes grandissent, elles doivent non seulement penser globalement dès le départ, mais elles doivent également être prêtes à faire des affaires dans le monde entier. Cependant, la plupart des nouveaux entrepreneurs ne savent pas comment rechercher les marchés étrangers et préparer les documents de marketing adaptés pour se mettre en valeur. Les petites entreprises ont du mal à accéder aux marchés étrangers en raison des défis de nature culturelle et des nouveaux environnements d’affaires. Nous devons veiller à ce que les entrepreneurs canadiens soient formés, équipés et préparés en les sensibilisant aux marchés étrangers, en les encadrant, et en veillant à ce que les entreprises démontrent clairement leur valeur ajoutée par le biais de leurs plans de marketing.

La conquête de nouveaux marchés et le développement des chaînes d’approvisionnement nécessitent souvent des déplacements chez les clients, dans des foires commerciales et des rencontres d’investisseurs. Le Canada doit élaborer un programme de mobilité qui soit à la portée de tous et qui offre du financement pour les jeunes entreprises à forte croissance susceptibles de profiter des occasions qui nécessitent des voyages internationaux. Pour les entreprises qui décident de faire des affaires dans un nouveau marché, le Service des délégués commerciaux du Canada à travers le monde est là pour fournir des renseignements sur les marchés et aider à créer des réseaux. Ce service facilite la création de liens avec des investisseurs locaux, les entrepreneurs et les organismes de soutien à l’entreprise, et procure une compréhension des nuances culturelles et des coutumes.

Ce qui fonctionne

  • 48-Hours in the Valley – Deux fois l’an, C100 invite 20 des entreprises en démarrages les plus prometteuses de la Silicon Valley pour deux jours de mentorat, d’ateliers, de réunions avec des investisseurs, des visites auprès de partenaires stratégiques et de réseautage.
  • Services des délégués commerciaux – SDC offre aux entrepreneurs des renseignements et des conseils pratiques sur les marchés étrangers pour orienter les décisions et les rendre plus opportunes et plus rentables. Nous devons augmenter nos efforts pour s’assurer que les entrepreneurs soient mieux informés de ces services.

3.9 Innovation, commercialisation et réduction de la paperasserie

Dans l’ensemble, les entrepreneurs estiment que le Programme canadien pour commercialisation des innovations (PCCI), un programme d’approvisionnement de petites entreprises pour des produits innovants et de services, et le Programme d’assistance de recherche industrielle (PARI) peuvent être efficaces et utiles pour appuyer les entreprises innovatrices. Ces programmes devraient continuer à croître pour aider à stimuler les entreprises innovantes, pour faire progresser les relations université-industrie et pour accroître les investissements du secteur privé dans la R & D.  Beaucoup plus d’effort doivent être déployés pour l’accélération de la commercialisation des innovations qui sortent des universités et rendre les installations universitaires disponibles à l’utilisation privée par le biais de programmes visant à former le personnel de commercialisation, en créant pour l’université des incitatifs à investir dans l’entrepreneuriat, l’innovation et la commercialisation, en créant des normes, des points de références et des cibles à partir desquelles seraient évaluées les institutions. En outre, les entrepreneurs appuient les efforts ciblés pour continuer à réduire les formalités administratives superflues, les charges administratives et les temps de réponse en ce qui concerne les services gouvernementaux, la reddition de comptes, la réglementation, la fiscalité et le soutien.

Ce qui fonctionne

  • Le PARI-CNRC – Le premier programme canadien d’aide aux petites et moyennes entreprises en matière d’innovation.
  • CPIC – Aide les entreprises à passer l’étape de précommercialisation pour leurs produits et services innovants en accordant des marchés aux entrepreneurs avec des innovations au stade précommercial.
  • Fiche de rendement de paperasserie FCEI – La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante évalue les progrès des gouvernements fédéraux et provinciaux sur la réforme de la réglementation au nom des entreprises canadiennes.

3.10 Espaces et lieux

Les espaces telles que Coworking, MakerSpaces, CreativeSpaces, Hubs, ainsi que les espaces d’innovation communautaires ciblant les divers segments d’entrepreneurs, surgissent partout au Canada et fournissent des espaces de travail flexibles et des installations pour les entrepreneurs et les entreprises en démarrage. Toutes les collectivités au Canada devraient avoir au moins un espace de démarrage, c’est-à-dire un lieu géré par un entrepreneur permettant à la communauté entrepreneuriale locale de se rassembler et collaborer. Les programmes de formation pour soutenir les collectivités et les entrepreneurs dans la création d’espaces communs de démarrage permettront d’accélérer le développement, la durabilité et le succès de ces collectivités relativement nouvelles.

Le personnel des incubateurs d’entreprises et des espaces communs de démarrage doit détenir une formation pour rendre leur programmation plus sensible à la nature et la culture des entreprises en démarrage. Ces espaces doivent évoluer d’un lieu physique à un lieu qui génère un esprit collectif par le biais de la prestation des services, de la mise à disponibilité de ressources, de mentors, d’environnements virtuels et de formation, ainsi qu’en investissant dans la promotion, la célébration et la création d’une collectivité de clients.

Les accélérateurs qui soutiennent et alimentent les projets à forte croissance  sont devenus des lieux très prisés pour les entrepreneurs canadiens qui voient grand. En voici quelques exemples : Citer Propel TIC (Moncton), FounderFuel (Montréal), Extreme Startups (Toronto) et GrowLab (CB).

Avec beaucoup de centres-villes partout au Canada en cours de rénovation, les municipalités partout au pays peuvent se concerter pour créer une campagne de type Pop-up Canada, en affectant des espaces vides en magasins pop-up aux entrepreneurs locaux pour vendre leurs produits pendant de courtes périodes.  En effet, les entreprises locales et les institutions publiques qui ont des bureaux inutilisés peuvent ouvrir certaines places aux entrepreneurs locaux, contribuant à créer une communauté qui appuie les initiatives entrepreneuriales.

Enfin, dans de nombreuses communautés, les associations d’aide aux entreprises, les chambres de commerce, les maisons de courtage et les organismes gouvernementaux d’appui aux entreprises, ainsi que les sociétés d’État telles que la BDC et EDC sont dispersés dans toute la ville et ne sont pas idéalement situés. Lorsque c’est possible, les guichets uniques de soutien aux entreprises fourniraient un meilleur accès à l’aide dont ils ont besoin, évitant de se déplacer d’un endroit à l’autre. En plus de fournir un accès plus facile, la colocation est souvent rentable et crée davantage de possibilités de collaboration et d’arrimage. 

Ce qui fonctionne

  • AssentWorks (Winnipeg, MN) – Un organisme de prototypage à but non lucratif qui fournit à la communauté, l’équipement et l’espace qui prend en charge le processus de création ainsi que la croissance personnelle et entrepreneuriale.
  • Launch Academy (Vancouver, C.-B.) – Un espace de travail pré accélérateur qui aide les entrepreneurs à accomplir des choses.
  • Hub Halifax (Halifax, N.-É) – Une collectivité professionnelle où les individus ont à leur disposition l’espace, les ressources et l’appui des pairs pour collaborer, démarrer et développer des projets.
  • FounderFuel (Montréal, Qc) – Un programme accélérateur axé sur le mentorat qui fournit des capitaux de démarrage et l’accès aux entrepreneurs d’expérience, aux investisseurs providentiels, aux investisseurs de CR et à des cadres supérieurs. Les équipes reçoivent 20 k $ – 25 k $ et peuvent être admissibles à 150 k $ de plus le jour de la démonstration.
  • Markham Convergence Center (Markham, Ont.) – Soutient les entrepreneurs en réunissant des ressources importantes, des réseaux et des événements sous un même toit. C’est une plaque tournante pour les entrepreneurs de la région de York, conçu pour offrir un lieu unique d’accès à l’appui et aux ressources.
  • MaRS Centre (Toronto, Ont.) – Un centre doté de laboratoires, de bureaux, de lieux pour des événements, des lieux de rencontre, d’organismes de soutien aux entreprises et des partenaires de l’industrie. C’est un lieu où sont installées des entreprises en démarrage, des PME, des multinationales, des investisseurs, des chercheurs et des organisateurs communautaires.

3.11 Innovation et entrepreneuriat social

Il ne suffit pas de s’efforcer de créer seulement des grandes entreprises. Nous devons également travailler à la création de meilleures entreprises qui visent à relever les défis réels et créer un impact social et environnemental par le biais de leurs pratiques et de leurs innovations. S’engager à faire le bien et faire preuve de responsabilité sociale : voilà les principes de base de nombreux entrepreneurs canadiens.

Comme le secteur de l’innovation et l’entrepreneuriat social au Canada continuent de croître avec la prolifération de nouveaux programmes académiques, les centres d’incubateurs sociaux, les campagnes de sensibilisation et les politiques en matière d’entrepreneuriat social au Canada n’ont pas suivi le rythme. En plus d’accroître les services aux entreprises sociales, durables et sans but lucratif – qui ne s’inscrivent pas parfaitement dans les programmes actuels de formation et d’appui des gouvernements, nous devons rendre plus disponibles l’enseignement de l’entrepreneuriat social, les mécanismes de financement et les espaces de travail, et augmenter les efforts de sensibilisation. Nous devons également faire beaucoup plus pour connecter la collectivité des entreprises à vocation sociale aux diverses industries et secteurs pour faciliter la collaboration et le transfert des connaissances et de l’expérience.

3.12 Résumé

Bien qu’il existe beaucoup de soutien disponible pour les entrepreneurs canadiens, si l’on veut soutenir nos entrepreneurs dans la croissance de leurs entreprises, alors il faut mieux les connecter au soutien, aux réseaux, aux mentors et aux infrastructures disponibles, et les aider à s’orienter dans le système par la création d’un guichet unique. Ce faisant, nous serons mieux en mesure d’identifier les jeunes entreprises à fort potentiel et les doter de l’appui, des mentors, des infrastructures et des ressources nécessaires pour saisir les occasions, tout en cernant les lacunes et les redondances dans le soutien communautaire pour créer un système entrepreneurial sain avec une culture d’entreprise dynamique.